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PRIX OLIVIER CHESNEAU 2025

Le prix Olivier Chesneau 2025, récompensant la meilleure thèse de doctorat en astrophysique à haute résolution angulaire, a été décerné à deux jeunes chercheuses exceptionnelles, le Dr Violetta Gamez Rosas et le Dr Manon Lallement.

Le Dr Violetta Gamez Rosas est une experte des études sur la poussière des AGN menées aux résolutions spatiales les plus élevées disponibles à ce jour. Elle a convaincu le jury grâce à son étude pionnière de la galaxie proche NGC 1068, qui combine non seulement des données obtenues avec les instruments MATISSE et GRAVITY sur l’Interféromètre du Très Grand Télescope (VLTI) de l’ESO, mais aussi avec l’interféromètre millimétrique ALMA. Ses travaux, menés dans le cadre de son projet de doctorat à l’université de Leyde aux Pays-Bas et au sein du consortium international MATISSE AGN, combinent non seulement plusieurs techniques et bandes de fréquences, mais passent également de modèles simples à une reconstruction complète de l’image. Grâce à cette étude exhaustive, elle a apporté un éclairage nouveau sur l’un des objets les mieux étudiés du ciel extragalactique. Son étude illustre comment la sensibilité accrue de la nouvelle génération d’interféromètres dans l’infrarouge proche et moyen ouvre une nouvelle fenêtre d’observation très prometteuse pour l’astrophysique extragalactique.

La Dr Manon Lallement a impressionné le jury par sa double expertise en instrumentation et en applications astrophysiques utilisant des technologies de pointe. Elle a apporté plusieurs contributions majeures au domaine de l’astrophotonique, notamment en optimisant un combineur de faisceaux à optique intégrée à haut débit dans les longueurs d’onde visibles et en le testant en observation avec l’instrument FIRST au télescope Subaru sur le Mauna Kea. Parallèlement, elle a exploré la nouvelle technologie Photonics Lantern et l’a intégrée à FIRST, offrant ainsi un moyen efficace d’alimenter son spectrographe. En seulement trois ans en tant que doctorante au LESIA de l’Observatoire de Paris, en collaboration avec l’IPAG de l’université de Grenoble et l’observatoire SUBARU, elle a introduit un nouveau mode d’observation dans l’un des principaux observatoires astronomiques optiques au monde. De plus, à l’aide d’observations de la raie Hα avec FIRST, elle a mené une étude très convaincante sur le gaz ionisé chaud entourant une étoile massive. Le jury a particulièrement apprécié la capacité de Manon Lallement à mener des activités de R&D de pointe en haute résolution angulaire et des analyses astrophysiques de premier plan.

Le prix Olivier Chesneau est décerné conjointement tous les deux ans par l’Observatoire européen austral (ESO) et l’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA) pour les travaux exceptionnels de jeunes chercheurs dans le domaine de l’astrophysique à haute résolution angulaire. Il rend hommage aux travaux d’Olivier Chesneau (1974-2014) et à ses contributions extraordinaires tant à l’instrumentation qu’à l’astrophysique grâce aux techniques à haute résolution angulaire. Le jury tient à souligner la qualité exceptionnelle de tous les candidats cette année, ce qui met en évidence le fort potentiel scientifique de ce domaine en plein essor, tant au niveau de l’instrumentation que dans de multiples domaines de l’astrophysique galactique et extragalactique.